L’expérimentation animale
Pour la fin des tests cosmétiques sur les animaux.
Selon la directive sur les cosmétiques (76/768/CEE), la commercialisation de tous les cosmétiques testés sur animaux devait être interdite en Europe à partir du 11 mars 2013. Aujourd’hui, la Commission Européenne dit être incapable de remplir son engagement au motif que certaines méthodes de remplacement ne seront pas disponibles à temps pour respecter l’échéance de 2013 ! Certains tests pourraient se perpétrer en dehors de l’Union Européenne jusqu’en 2019, voire 2025.
Citoyens, associations et sociétés, nous devons nous mobiliser pour dire non aux cosmétiques testés sur animaux et demander le maintien de l’échéance 2013.
Les citoyens peuvent cesser d’acheter des cosmétiques testés sur les animaux, signer les pétitions en ligne et faire connaître l’existence du site Ban It All. Visitez cette page :http://www.ban-it-all.com/fr/cosmet…
Les associations peuvent soutenir cette campagne (http://www.ban-it-all.com/fr/cosmet…) et diffuser l’information à leurs membres.
Les sociétés (ex : cosmétiques, laboratoire, boutique, etc.) peuvent soutenir cette campagne en s’inscrivant depuis cette page : http://www.ban-it-all.com/fr/cosmet…
Les députés européens refusent de limiter les expériences sur les animaux
Le Parlement européen manque de cohérence, c’est le moins qu’on puisse dire. Un bon point pour les phoques et l’interdiction des produits dérivés du phoque, mais un très mauvais point pour les animaux de labos. La décision qui vient d’être prise est simplement scandaleuse.
La législation qui était en vigueur depuis 20 ans au moins était loin d’être parfaite. Mais là, on revient 40 ans en arrière. C’est effroyable comment le lobby pharmaceutique aura réussi à affaiblir cette législation visant à protéger les animaux de labos. Je rappelle ces points concernant la nouvelle proposition de loi qui vient d’être votée à 540 voix contre 66 et 34 abstentions.
Il n’y a plus d’agenda pour progressivement mettre fin aux expériences sur les primates, les chats et les chiens (10000 singes sont utilisés en Europe). Il n’y plus de projet sur la table pour interdire sans exception l’utilisation des animaux capturés à l’état sauvage. La loi prévoit des conditions moins strictes et des contrôles moins rigoureux en ce qui concerne le type d’expérimentation possible, pour limiter la bureaucratie. Il sera possible de ne pas justifier des expériences et il sera possible pour les chercheurs d’utiliser plusieurs fois le même animal.
Les cellules humaines et embryons surnuméraires ne sont pas considérés comme des alternatives par la nouvelle proposition de loi. C’est un non-sens scientifique puisqu’on sait que les tissus humains justement permettent d’améliorer la recherche. Entre une cellule de rat et celle d’un humain, il y a des différences et je préfère que les drogues et les produits chimiques soient testés sur du tissu humain. C’est un peu logique. C’est une abérration scientifique qui traduit un jugement moral de la part des députés pour épargner les sensibilités de ceux qui considèrent que le tissu humain est sacré ou a une dignité propre. J’ai moi-même travaillé sur des cellules humaines foetales. Bref les chercheurs auront un cadre de travail moins strict (il ne l’était pas tant que cela avant) par souci de compétitivité avec des pays qui ont des législations moins contraignantes (Asie, Amérique du nord).
Les députés n’ont pas tenu compte de l’opinion du public européen: En Angleterre, la France, l’Allemagne, la Suède, l’Italie et la République tchèque, 81% des gens s’opposent aux expérimentations sur les primates qui causent des souffrances.
Maintenant pour ceux qui défendent les tests sur les animaux…Je voudrais dire que du point de vue éthique, le fait de contraindre sans limitations (ce qui est et sera le cas) des êtres sensibles dans des procédures qui nuisent gravement à leur santé, à leur bien-être pour le bénéfice d’un autre groupe est simplement immoral. Les philosophes des droits des animaux (Tom Regan en particulier) ont clos ce débat.
Pour les questions scientifiques et politiques, la société refusent de considérer les animaux comme porteur d’un droit au respect et à la vie et donc justifie l’utilisation quasi inconditionnelle des animaux en partant du principe que les animaux de labos sont des modèles fiables qui permettent de sauver des vies humaines. Il y a beaucoup à débattre là-dessus. Pour ma part, je ne pense pas que les 12 millions d’animaux tués sont nécessaires à l’avancement des sciences. Beaucoup de recherches ne mènent à rien.
Je laisse à ceux et celles qui le veulent le loisir d’aller visiter quelques sites d’information pour qu’ils aient les preuves scientifiques de l’invalidité de l’expérimentation animale. (Stephilou)
http://www.cah-research.com/Primate_Research_Center_in_Laval_Critique_FINAL_fr.pdf
http://www.cah-research.com/Primate_Res … NAL_fr.pdf
Le site d’Antidote Europe est formidable
http://www.curedisease.net/
Le monde : polémique sur l’expérimentation animale
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/08/31/polemique-sur-l-experimentation-animale-en-europe_1233738_3244.html#ens_id
Bruxelles
Pour protéger les Européens contre les effets des produits chimiques, faudra-t-il sacrifier 54 millions d’animaux de laboratoire au cours de la prochaine décennie, et non 2,5 millions, comme estimé à l’origine par les promoteurs du règlement Reach (Enregistrement, évaluation, autorisation et restriction relatifs aux substances chimiques) ? Le coût pour l’industrie de ces expérimentations animales s’élèvera-t-il à 9,5 milliards d’euros, soit six fois plus que le « devis » initial envisagé par les autorités européennes ?
Le débat a été lancé dans la revue scientifique Nature, qui a publié, jeudi 27 août, une tribune dans laquelle le toxicologue Thomas Hartung (Johns Hopkins University, Baltimore, Maryland) et Costanza Rovida, une chimiste italienne, estiment que l’Europe ne pourra pas relever le défi posé par Reach.
De quoi s’agit-il ? Entré en vigueur en 2007, Reach met en demeure l’industrie chimique européenne de répondre, d’ici à dix ans, à la question suivante : les produits commercialisés avant 1981, qui représentent encore 99 % en volume des molécules présentes sur le marché, sont-ils sûrs pour la santé humaine et l’environnement ? Reach prévoit des analyses toxicologiques systématiques pour certaines classes de ces substances et a renversé la charge de la preuve : ce sont les industriels qui doivent démontrer que ces molécules sont sans impact sur la population.
Cette révolution est en cours : fin 2008, 65 000 entreprises avaient « préenregistré » 140 000 substances à analyser. Sachant que, jusqu’alors, l’Europe n’évaluait que quelques centaines de molécules par an, l’objectif de Reach paraît intenable aux signataires de l’article de Nature. « La toxicologie réglementaire n’a ni les méthodes à haut-débit ni les techniques alternatives à l’expérimentation animale pour tenir l’objectif », estiment-ils, appelant à un moratoire sur les tests de toxicologie de la reproduction (soit la majorité des tests sur animaux) tant que des alternatives ne seront pas approuvées.
Thomas Hartung n’est pas le premier toxicologue venu. Jusqu’à il y a peu, il dirigeait le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives, un laboratoire de la Commission européenne. Il copréside le septième congrès mondial sur les alternatives à l’utilisation de l’animal dans les sciences de la vie, qui se tient jusqu’au jeudi 3 septembre à Rome. Le 9 juillet, il avait déjà publié, dans Nature, un article rappelant que l’homme « n’est pas un rat de 70 kg », où il appelait à une révolution de la toxicologie.
Que penser de ces estimations ? « J’ai le sentiment qu’il a systématiquement choisi les fourchettes hautes », note Eric Thybaud, de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris). Certes, admet Eric Thybaud, les premières évaluations du coût de Reach étaient fondées sur une Europe à 12 membres, et non 27. Certes, cela augmente le nombre de substances à évaluer, mais toutes ne sont pas produites dans les tonnages nécessitant les tests les plus « gourmands » en animaux. Eric Thybaud concède que les méthodes alternatives méritent d’être développées plus avant, « le paradoxe étant que, dans un premier temps, pour y parvenir, il va falloir augmenter l’expérimentation animale ».
Pour le directeur général de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), Martin Guespereau, l’argumentaire de Thomas Hartung est assez proche de celui de l’industrie chimique : Reach serait infaisable et trop cher. « La question du coût donne lieu à des évaluations très variables, rappelle-t-il. Mais l’Europe estime le bénéfice à 50 milliards sur trente ans, en raison notamment du nombre de morts humaines évitées. »
Sans surprise, la Commission européenne conteste les conclusions de l’article de Nature. D’après Ton Van Lierop, porte-parole du commissaire européen chargé de l’industrie, le nombre des substances enregistrées devrait au final rester proche des estimations initiales, soit quelque 30 000 produits.
Quant aux tests sur les animaux, la commission affirme vouloir les limiter, par le partage de données entre les industriels et les tests alternatifs. « Ils ne sont pas impératifs avant l’enregistrement définitif des produits. Il s’agit de proposer une méthode d’évaluation, c’est ensuite à l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) de dire s’il faut passer aux tests », assure M. Van Lierop
Dans un communiqué diffusé le 28 août, l’ECHA affirme que l’analyse publiée dans Natureest « inexacte » et qu’elle surévalue par six le nombre d’animaux nécessaires. Mais elle reconnaît qu’il en faudra 9 millions et non 2,6 millions, comme avancé en 2004. Pour l’ECHA, le coût de ces tests sera bien de 1,3 milliard d’euros, et non 9,5 milliards.
L’industrie chimique reste, quant à elle, prudente sur les chiffres. « Nous ne disposons pas encore de l’inventaire des données toxicologiques manquantes, qui déterminera in fine le volume des essais animaux à faire », note Catherine Lequime, responsable Reach à l’Union des industries chimiques française.
Thomas Hartung maintient son analyse : « J’aimerais qu’on me prouve en quoi nos chiffres sont faux, car je veux que Reach réussisse. Mais nous démontrons que le test de reproduction constitue à lui seul un goulot d’étranglement. Il faut en tenir compte pour amender le système. Refuser des calculs relativement simples ne changera rien à l’affaire. »
L’article de Nature va donner de précieux arguments aux associations de défense des animaux, qui se sont manifestées dans le même sens au mois d’août. D’après ces organisations, les obligations introduites par Reach « pourraient se traduire en souffrances et décès inutiles de plus de 4 millions d’animaux ». La mécanique de Reach, ajoutent-elles, pousserait l’industrie à effectuer des « tests préemptifs », afin de respecter les délais, et non en dernier recours, comme stipulé par le règlement européen.
Hervé Morin et Philippe Ricard